Anglet accueille la dernière création monumentale du sculpteur basque Zigor : Txoria (oiseau en basque). Ce grand oiseau d’acier est installé à demeure sur le site de La Barre, à l’embouchure de l’Adour.
Jean Espilondo, Maire d'Anglet, et Zigor (au centre) devant l'oiseau d'acier le 22 avril 2011 pour l'inauguration
L’œuvre en impose. Majestueuse, tournée vers la mer, elle marque l’aboutissement d’un projet imaginé par l’artiste basque Zigor il y a de cela six ans. Le choix du lieu – à l’embouchure de l’Adour, près du sémaphore - est tout sauf un hasard. "Je connais bien l’embouchure de l’Adour pour m’y rendre régulièrement. Le lieu m’inspire, en particulier pour ses milliers d’oiseaux qui se posent là. J’ai d’ailleurs beaucoup travaillé sur le phénomène d’atterrissage et d’envol, en particulier sur cette croix que forment les oiseaux quand ils se posent", confie Zigor.
Un premier modèle en bois
De cette réflexion est d’abord née une sculpture en bois réalisée à l’occasion d’une exposition à la Villa Beatrix Enea en avril 2006. De taille moyenne, elle matérialisait un oiseau en croix, ailes déployées, en phase d’atterrissage. Dès lors, pourquoi ne pas imaginer une sculpture en acier d’envergure à l’endroit même qui a inspiré l’artiste ? Zigor a soumis l’idée au service culture de la Ville et la municipalité a rapidement adhéré au projet.
En 2008, Zigor s’est attelé à la tâche avec la fonderie Sarem, entreprise angloye spécialisée dans la chaudronnerie industrielle. Ses équipes possèdent un savoir-faire reconnu en matière d’art.
Trois ans de travail
Un long et patient travail a été nécessaire pour modeler la matière, de l’acier corten, un acier auto-patiné à corrosion superficielle forcée, utilisé pour son aspect et sa résistance aux conditions atmosphériques, dans l'architecture, la construction et l'art. Il présente la particularité de ne rouiller qu’à 17 %. Ce qui lui donne une patine utile à l’oxydation et protectrice.
L’ensemble a été achevé en septembre 2010 après trois ans de travail. Le résultat est à la hauteur des attentes de Zigor. "Dans les formes et dans l’esprit, la sculpture est en tous points fidèle à ce que j’avais imaginé", se félicite l’artiste basque. Posée sur un socle, l’oeuvre fait quatre mètres de hauteur et pèse quatre tonnes. Massive, elle surprend par la finesse de ses courbes, savamment modelées au fil des mois pour exprimer la légèreté de l’oiseau.
Zigor a su trouver les mots justes pour signer son œuvre : "Face au vent, le grand oiseau dessine l’espace". Tout est dit.
Zigor, un artiste multiple
Kepa Akixo, dit Zigor, est né à Aretxabaleta (Guipuzcoa) en 1948. Il écrit de la poésie en langue basque depuis 1968 et ses premiers cahiers sont publiés en 1973. Il parcourt le monde jusqu'en 1982 comme reporter photographe. À partir de 1983, il sculpte le bois dans son atelier de Biarritz. C'est de voir travailler Remigio Mendiburu à Fontarrabie qui le décide à s’adonner totalement à la sculpture, avec une expression personnelle qui l’éloigne de son inspirateur. Aujourd’hui, Zigor exprime l’étendue de son talent à travers divers modes de créations : dessins, peintures sur papier, lavis, bronzes, bois et poésie…
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