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Années 60 : les tontons surfeurs

Les années soixante ont véritablement marqué les débuts du surf à Anglet. Le site de La Barre tient alors le haut du pavé dans le cœur des Barland, Henebutte, Moraiz et frères de Rosnay, pionniers du surf. À l’embouchure de l’Adour, les vagues venaient se briser sur un haut-fond permanent, bloquant au passage le trafic portuaire pour former une vague mythique dont on parlait jusqu’à Hawaii…

Années 60 : les tontons surfeurs

Le spot de La Barre dans les années 60

1963 : Le Surfing-Club de la Chambre d’Amour

Années 60 : les « tontons surfeurs »
Les tontons surfeurs devant le Surfing-Club de la Chambre d'Amour (crédit photo : YEP / De Rosnay)

Fondé par Joël de Rosnay, le Surfing-club de la Chambre d’Amour est inauguré le 27 août 1963 en présence du maire d’Anglet, le Docteur Lacroix. Le parrain est le scénariste californien Peter Viertel. La marraine est la star Deborah Kerr. Parmi les invités figurent de nombreux champions californiens et australiens tels que Jan Lee et Bob Keenan. L’entrée du local est décorée des “surf-boards” fabriqués à l’époque. Ils pèsent alors 30 kg ! L’été mêle jeunes basques et jeunes parisiens en voie d'émancipation... Au volant des premières voitures empruntées aux parents, ils chargent les planches en direction de la côte !

Après avoir chevauché l'écume, ils se retrouvent entre eux à l’entrée du Surfing-Club de la Chambre d’Amour. Une annexe est créée à Paris pour recruter les plus mordus d’entre eux. Un an après sa création, le Surfing-Club de la Chambre d’Amour devient le Surf-Club de France. Il rivalise avec le Waikiki de la Côte des Basques. On compte alors quatre clubs sur la Côte basque : USB et Waikiki (Biarritz), Kostakoak (Bidart), Surf-Club de France (Anglet). La Fédération Française de Surf Riding est créée sous l’impulsion de Joël de Rosnay entraînant une polémique. Le 20 août a lieu la réunification des clubs sous la présidence de Guy Petit, maire de Biarritz.

1963-1968 : La Barre devient “le spot”

À l’embouchure de l’Adour, déferle une vague idéale pour les planches de l’époque. Un pointbreak creux et puissant, facile d'accès car aisément contournable par le chenal du fleuve.

Sa renommée, rapidement internationale, attire de nombreux surfeurs étrangers dont le bon niveau technique est un excellent exemple pour les locaux. A marée montante, au droit de l’estuaire, une barre sableuse, conséquence des effets antagonistes du fleuve et de l’océan, obstruait l’entrée de l’Adour. Par gros temps, la houle venait se briser sur ce haut fond permanent, bloquant le trafic portuaire pour former une vague aux qualités mythiques dont on parlait jusqu’à Hawaï. Le site acquit ainsi une réputation dans le monde de la glisse. Les premiers championnats du monde organisés en Europe eurent lieu à la Barre en 1968. Les Championnats Internationaux de La Barre sont remportés par l’Australien Peter Troy, devant l’Hawaïen Jan Lee et les Australiens Bob Keenan et Mickael Hickey. Les champions de l’époque ne venaient pas seulement le temps de l’épreuve, ils venaient en France plusieurs semaines, voire plusieurs mois, permettant aux locaux de prendre exemple.

Un wagon d’américains débarque pour les European Surfing Holiday Championships remportés par Don Southern, devant Bruce Woods, Steve Perrin et Jim Fitzpatrick. Un traffic s’organise autour des planches américaines car il y a une grosse pénurie de planches malgré les efforts de Barland/Rott. C’est aussi l’occasion d’acquérir toutes les nouveautés qui viennent d’outre-atlantique : tee-shirts, bermudas, frisbee, disco (skimboard rond)…

1968 : les championnats du monde à La Barre

Le champion américain Wayne Lynch est le vainqueur de ces premiers internationaux, qui sera immortalisé dans deux films Waves of Change et Evolution. Les plages de la Côte basque sont envahies à l'automne par des surfeurs venus des Etats-Unis, d'Australie ou d'Afrique du Sud, via Londres où ils achètent l'indispensable combi Volkswagen qui fait rêver les locaux.

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