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Rétro a remporté le projet lancé au printemps 2019 par la Direction de la Culture de la Ville d'Anglet : réaliser une fresque street art sur le vaste mur gris envahi de graffitis sauvages qui longe la route de l'Aviation dans le quartier Brindos. C'est le conseil de quartier Brindos-Sutar qui a initié cette démarche d'embellissement, la Ville étant le commanditaire. Pour la Direction de la Culture de la mairie, qui a conduit le projet, il s'agit ici de "révéler l'identité du quartier en résonance avec le contexte aéronautique (passé et présent), paysager et patrimonial, notamment le château de Brindos alentours. Quant au street art, énergique et inventif, il est aujourd'hui l'une des tendances montantes des arts visuels, les œuvres circulant aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les galeries" indique Liane Béobide, directrice de la culture.

Le projet de Rétro a séduit le jury

Le lancement de cet appel à projet au mois d'avril dernier a remporté un vif succès : plus de trente artistes muralistes d'art urbain, parmi les plus reconnus, ont fait acte de candidatures. Le Jury qui comprenait des représentants du conseil de quartier a choisi celle du Parisien, David Rouleau Aka Rétro. Ce dernier a proposé une esquisse composée des silhouettes d'avions biplans, de pièces mécaniques, de nature stylisée, pour créer un rythme tout le long du mur. Pas de couleurs trop criardes ou de formes plus agressives coutumières du graffiti, mais des éléments stylisés à la manière des affichistes des années 20 et 30, en référence à l'un d'entre eux, artiste majeur de l'entre-deux-guerres, A.M. Cassandre (1901-1968).

110 m de long

Pour investir ce long mur, l'artiste est accompagné de son compère Hobz, de son vrai nom Benoît Robin. La fresque est réalisée à la peinture acrylique appliquée au rouleau et au pinceau. Rétro indique qu'il n'utilise plus de peinture en aérosol, sources de déchets (les bombes vides sont difficilement recyclables). De plus, les émanations sont nocives et l'odeur désagréable pour les riverains. Rétro est rompu à l'acte de peindre dans la rue depuis de nombreuses années, selon lui il y a "une dimension sociale non négligeable dans cette activité, liée aux échanges avec les personnes amenées à rencontrer sur ma route à ce moment-là". 

Qui est Rétro?

Rétro, de son vrai nom David Rouleau, n'est pas un inconnu dans le street art : pour les amateurs, impossible de ne pas reconnaître son univers, sa palette de couleurs, ses personnages identifiables tout de suite et son style inimitable. Exerçant sous le nom de Toons dès 1992, le Parisien a posé́ son nom en lettres argentées dans les rues, sur les toits et jusque dans les sous-sols de la capitale. Actif au sein du crew KCA, il fut également présent dans les nombreux terrains vagues d'Île-de-France. Il y déclinait des lettrages et personnages en couleur, jouant avec le volume et les matières. À partir de 1996, il se concentre sur un travail d'atelier et ralentit sa production murale puis revient aux murs en 2012, en changeant complétement son approche : nom et identité́ graphique. Puisant désormais dans un univers où l'artiste se projette dans un avenir indéfini, imaginant une évolution technique tout en conservant le design et le style d'un lointain passé. En 2014, son exposition parisienne " Shanghai 1930 " à la Galerie du Jour - agnès b, pose les bases de ce qu'il développera par la suite : une ville imaginaire au carrefour des différents courants et inspirations "rétro-futuriste". "L'idée est de combiner de manière originale différents univers graphiques éloignes dans le temps et l'espace." Invitation au rêve et au voyage, Rétro, avec son univers fantastique, a emporté ce projet nouveau pour Anglet.