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"C’est une part intime et historique d’Anglet qui a brulé en cette funeste soirée du 30 juillet, ce Pignada qui figure sur notre devise et auquel nous sommes tant attachés.

Mais ce sont aussi des maisons, pleines de vies et de souvenirs qui ont été dévorées par les flammes. C’est d’abord vers leurs occupants que vont nos pensées et c’est pour eux que s’est organisée en urgence la solidarité.

Quant à notre parc Izadia, il n’est plus que l’ombre de lui-même, privé de son outil de travail, de conservation et d’accueil, où s’est construite une politique dynamique et originale de protection et de mise en valeur de notre biodiversité et de ce paysage caractéristique d’eau et de forêt.

Fort heureusement la réactivité, le professionnalisme, l’engagement des sapeurs-pompiers des Pyrénées-Atlantiques et des départements voisins ont évité des drames humains et ont permis de sauver des vies, mais aussi de protéger des habitations au prix d’efforts admirables. Compte tenu de la vitesse de propagation du feu, nous pouvions craindre le pire. Les Angloys expriment leur profonde reconnaissance aux soldats du feu, aux équipages des Canadair, à toutes les forces de sécurité, à l’ensemble des services de l’État et des collectivités qui se sont mobilisés avec une remarquable efficacité.

Nul ne songe à cacher sa tristesse, à masquer son désarroi, à taire sa colère. Personne n’oubliera ces images dantesques de pins transformés en torches, de flammèches volant au-dessus des rues et des maisons. Aucun Angloy touché de près par l’évolution du brasier ne pourra chasser de sa mémoire les crépitements ou les efforts désespérés d’arrosage des jardins, des maisons, des toits, qui bien souvent ont retardé ou dévié les progrès des flammes.

Je n’oublierai jamais la dignité, le sens des responsabilités, l’obéissance aux injonctions d’évacuation de nos concitoyens impactés par l’incendie, pas plus que les centaines de messages ou de gestes de soutien, de propositions d’aide matérielle ou financière venus de nos concitoyens et de toute la France, du plus haut niveau de l’État aux plus proches témoignages.

Merci, merci du fond du cœur à toutes et tous.

Mais ce désastre naturel, qui nous touche de façon charnelle, ne nous laissera pas inertes, désespérés, anéantis. De cette douleur encore intacte, doivent naitre une nouvelle énergie, une volonté partagée, une ambition généreuse pour tirer les leçons de l’expérience, des constats et des nouvelles réalités.

Nous replanterons la forêt, différemment, qualitativement en tenant compte non seulement de ce drame et des protections sécuritaires à mettre en œuvre, mais aussi des caractéristiques de ce massif boisé. Nous la ferons plus belle, plus sûre, plus adaptée aux conditions climatiques de notre temps. Nous reverrons sa gestion et exigerons des organismes concernés un entretien plus attentif. Elle reprendra avec panache toute sa place sur nos armoiries.

Nous régénérerons Izadia, sans rien soustraire de ses spécificités, de sa richesse florale et animale, de ses exigences environnementales. Nous doterons ce parc d’un nouvel édifice, qui sera un signal d’intégration au paysage, en même temps qu’un exemple vivant des nouvelles techniques de construction durables, d’expérimentation de procédés innovants.

Nous ferons d’Izadia une référence, un témoignage de notre engagement écologique.

Nous mobiliserons les compétences, nous trouverons les financements, nous convaincrons les partenaires, parce que nous défendons un bien commun ancré dans notre histoire et notre capital paysager.

L’accablement sera passager, le besoin d’action et de réussite nous fera relever la tête, la perspective d’un enjeu essentiel nous galvanisera, la fierté d’être des Angloys actifs et volontaires sera notre guide pour gagner ce nouveau pari.

Ensemble nous ferons à nouveau briller notre devise « Mar e Pignada per m’aida »".

Claude OLIVE
Maire d'Anglet