Imprimer la page

" Qu'est-ce qu'une simple plaque peut dire d'un moment particulièrement dramatique et d'une somme de courage et de dévouement ? Peu de choses, certes, car dans sa concision et sa modestie, elle ne peut relater tout ce qui s'est passé, il y a dix ans, à quelques dizaines de mètres d'ici. " Ces mots du maire d'Anglet s'adressaient aux acteurs du sauvetage du Luno réunis le 5 février dans les salons de l’hôtel Atlanthal et à l'entrée de la digue des Cavaliers pour "cette cérémonie du souvenir et de la reconnaissance". A ses côtés, Benjamin Bougault, commandant du Caracal, et Philippe Sibon, l'un des plongeurs, ont dévoilé une plaque commémorative.

11 marins et 1 pilote en difficulté

Petit retour en arrière. Le 5 février 2014, un cargo espagnol de 100 mètres de longueur tente d'entrer dans le port de Bayonne alors que la tempête fait rage. Conformément aux règles, l'un des pilotes du port, Georges Strullu, monte à bord pour diriger le navire dans le chenal. Au moment d'aborder la Barre, le bateau est victime d'une avarie électrique qui empêche toute manœuvre. Sous l'effet de la houle qui grossit, le bateau est projeté contre la digue sud. Sa coque se rompt. Sa partie avant échoue sur la plage des Cavaliers. Sa partie arrière s'encastre dans les rochers avec, à son bord, les 11 marins et le pilote du port. Le sauvetage par bateau s'avère impossible en raison de la violence des flots.

Sains et saufs

Il est fait appel à l'hélicoptère de la gendarmerie ECU 64, basé à l'aéroport de Biarritz Parme, puis à un hélicoptère Puma de la base aérienne de Cazaux en Gironde, enfin, au Caracal de l'escadron 01 067 « Pyrénées » dont les équipages sont spécialisés dans les missions de secours en mer. Au cœur de la tempête et des vagues de 5 à 6 mètres, le Caracal tente une première approche mais doit attendre une fenêtre météo plus clémente pour s'approcher. Avec une précision et un courage incroyable, son équipage parvient à hélitreuiller les 11 marins et le pilote du port, en état de choc mais sains et saufs.

Des relations suivies et riches

« Tous ceux qui de près ou de plus loin ont suivi ce sauvetage en conservent un souvenir à la fois effrayant par la violence des éléments et l'inquiétude sur le sort des marins, et admiratif devant l'exceptionnel sang-froid, l'incroyable précision, la maitrise du danger des militaires sauveteurs. », a souligné Claude Olive. Quelques heures avant le dévoilement de la plaque à Anglet, le premier édile avait assisté à une cérémonie dans l’enceinte de la base aérienne de Cazaux marquée par l’inauguration d’une stèle commémorative. La Ville d'Anglet est depuis 2019 marraine de l'escadron d'hélicoptères 01 067 « Pyrénées ». « Nous en sommes très fiers, d'autant que des relations suivies et riches ont été établies en particulier avec des jeunes angloys qui se rendent régulièrement sur la base de Cazaux. », a conclu le maire avant de remettre la médaille de la Ville aux civils et militaires impliqués dans cette journée restée dans les mémoires.