AccueilRetourL'Espace de l'Océan, une histoire prestigieuse
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Vers 1820 démarre en France l’engouement pour les bains de mer, hérité des Anglais, dont les médecins vantent les vertus thérapeutiques. De grandes dames, des artistes, des écrivains misent d’abord sur les grande plages de La Manche avant que la vogue n’atteigne la Côte d'argent et la future Côte basque.

À Anglet, la mode des bains se développe dès 1854, grâce à la célèbre légende de la Chambre d'Amour. Au début quelques baraques accueillent les baigneurs, puis des établissements de bains verront le jour. Au XXIe siècle, l'Espace de l'Océan, aux abords de la plage du Club, a gardé quelques traces de son ancêtre, “le grand établissement de bains”, mais sa notoire piscine a disparu.

Les premiers bains

À partir de 1866, dans le sillage de Biarritz, les bains de mer attirent de plus en plus de monde et les baraques sont réglementés à Anglet et les propriétaires payent un impôt. Un certain Chabiague, dans sa baraque, fait aussi office de garde côte. Il hisse un drapeau rouge les jours de danger.

Pour répondre à la demande, un établissement de bains privé est édifié par un privé en 1884, à la petite Chambre d’Amour. Très vite repris par la commune pour être exploité durant à la saison, il subit divers agrandissements. Vers 1900,  les baigneurs nt à leur disposition 75 cabines, un assortiment de costumes de bains, une serviette et un bain de pied froid. Un guide-baigneur veille aussi sur eux.

En 1924, une tempête dévaste le bâtiment et son fragile mur de quai. Il est reconstruit trente mètres en arrière. En 1935, le petit établissement est reconstruit dans un style de l'époque. Ces bains populaires fonctionneront jusque dans les années 60.

Le grand établissement de la Chambre d'Amour

En 1928, le projet d’un deuxième “grand” établissement de bains de standing avec piscine et parking voit le jour à la Chambre d'Amour, non loin de la grotte, porté par la société foncière de Biarritz-Anglet.

Un premier scénario dont les espaces avait été dessinés par l’architecte William Marcel imagine un bâtiment sur deux niveaux avec un casino à l’étage mais, c’est finalement un bâtiment de plein pied, dans le pur style Art Déco alors en vogue qui est construit par les architectes Anatole & Durruty de Bayonne.
L’ensemble architectural de 15 000 m2, comprend un bar, une immense piscine d’eau de mer, ainsi qu’une vaste salle de réception et quelque temps plus tard une dizaine de cabines de bains privées (cabanas) aux abords de la piscine. Un grand mur de quai, de forme incurvée, est construit en belle maçonnerie mesurant jusqu’à 420 mètres de long et de 3 à 5 mètres de haut.

L'établissement de bains  sert de cadre à des concours d’élégance, à des épreuves sportives (matches de push ball, concours de plongeon…), à des dîners de gala. Le Tout Côte basque s’y retrouve mêlé à quelques noms prestigieux du Gotha ou du monde artistique. 

La deuxième Guerre mondiale met brutalement fin aux festivités et aux mondanités.

Un lieu balnéaire à la mode

Dans les années 50 et 60, l’établissement de bains redevient l’un des hauts lieux balnéaires d’Anglet. Le tout premier surf-club d’Anglet, Surfing-Club de la Chambre d’Amour, fondé par Joël de Rosnay, est inauguré en 1963, en présence de l’actrice Deborah Kerr.  Il prend le nom de Surf-Club de France, et la Chambre d’Amour devient le haut lieu du « surfing » local.

Les attaques de l'océan et l'érosion côtière

Le mur de quai de la Chambre d'Amour était censé contrer les vagues. Il sera le témoin de l'avancée des flots et du phénomène d'érosion (désensablement) qui frappe alors les plages d'Anglet, accentué par les activités de dragage à l'entrée de l'Adour.

En 1963 et 1965, de terribles tempêtes endommagent le mur qui s'effondre sur plusieurs mètres. Une partie est reconstruite plus en arrière puis consolidée par des systèmes de palplanches ou des blocs d'ophite vers 1966. 

En 1973, 1974 et 1975, le mur de quai est à nouveau attaqué par la mer. La plage se décaisse et le muret de la piscine se fissure puis s'affaisse sur une trentaine de mètres. Des cabanas sont détruites et la piscine inondée. Cet épisode signera la fin de la piscine et de ses cabanas.

Après douze années de lutte contre la mer, piscine, bar et cabanas sont supprimés. D'importants travaux de protection au moyen d'endiguements (épis) sont entamés dès 1976 puis 1977. Ils contribueront à freiner le départ massif de sable des plages.

La “salle des fêtes” de la Chambre d'Amour

En 1979, le Festival de dessin humoristique, présidé par le dessinateur Jacques Faizant, prend ses quartiers d’été dans l’ancien établissement de bains, devenu salle des fêtes. Des associations (Anglet-Surf Club, Amicale anciens Marins, Surf-casting club…) et des activités saisonnières (surf-shop, bar-restaurant) y sont logés. Au cours des années 90, le bâtiment montre des signes de vétusté.

Le nouvel Espace de l'Océan

En 2003, la Ville engage une réflexion sur le devenir du bâtiment. En 2005, il est totalement rénové et repensé par l’atelier d’architecture King Kong Five de Bordeaux, avec une écriture architecturale et décorative inspirée des années trente et du bâtiment d’origine, mais adaptée aux usages d’aujourd’hui : escalier monumental pour accéder à la terrasse, hall accueil en verre et acier, grande salle de réception, cuisine pour traiteur. À l’ouest comme à l’origine de grandes baies ouvrent sur la terrasse, face à l’océan, sous une pergola reconstituée.

Le bâtiment renommé “Espace de l’Océan”, accueille aujourd’hui évènements et congrès ainsi que des locaux d'un restaurant, d'un bar et le siège de l'Anglet Surf-Club..